Marche des Fiertés le 20 juin : FièrEs, vénères et sans frontières !

C’est le 28 juin 1970 qu’ont  lieu les premières Marches des Fiertés, à Los Angeles et New-York en mémoire aux émeutes de Stonewall qui s’étaient déroulées un an auparavant.
Le Stonewall Inn était un bar dans le quartier de Greenwich Village à New-York qui accueillait des travestiEs, des travailleuses du sexe, des pédés, des gouines, des trans’ et des sans-papièrEs. Ce quartier qui dérangeait -les habitantEs s’alliaient, s’organisaient et luttaient ensemble, était régulièrement le théâtre de répression policières très violentes.
La nuit du 28 au 29 juin 1969, un raid policier d’une violence inouïe a eu lieu dans le quartier. Cette nuit là tout particulièrement et les nuits qui suivirent, des émeutes éclatèrent dans et autour du Stonewall Inn pour résister et lutter contre les policiers. Plus de 2000 habitantEs du quartiers et usagèrEs du bar s’organisant ensemble face aux forces de l’ordre, résistant aux raids anti-émeutes, déstabilisant la police pendant près de cinq jours et rejetant les violences policières et étatiques contre les minoriséEs sexuelles, c’est ça les émeutes de Stonewall. Et c’est cette mémoire là qui était mise en avant dans les premières gay pride des années 70. C’est cette mémoire que nous avons à cœur de commémorer.

Aujourd’hui, la Marche des fiertés, alors qu’elle est censée commémorer une série d’émeutes contre les violences policière, est devenue une foire consumériste et un lieu de récupération électoraliste de nos luttes, avec la présence de partis politiques institutionnels et même des associations de flics.
Parce que les luttes d’hier, d’aujourd’hui et de demain nous appartiennent : rappelons-nous Stonewall.

Les violences policières et LGBITQIphobies tuent encore, le VIH/SIDA continue de ravager nos communautés, alors n’oublions rien de ce combat politique qu’est le notre !

Depuis le projet de loi autour de l’ouverture du mariage aux personnes de même genre , les mouvances réactionnaires de tous bords ont intensifiés leur mobilisation contre les personnes LGBTQI (lesbiennes, gay, biEs, trans’, queer, intersexe) : de la Manif’ pour tous à Civitas en passant par les mouvances d’extrême droite (FN, Groupes identitaires, Jeunes nationalistes…) ou l’UMP, l’homophobie, la lesbophobie, la biphobie et la transphobie sont d’autant plus présentes qu’elles sont décomplexées ! Le gouvernement socialiste, quant à lui ne fait pas mieux : pas d’accès à la PMA, négation des droits des personnes trans’… En 2014, on dénotait pas moins de 78 % d’augmentation des agressions envers les minoriséEs sexuelles( rapport SOS Homophobie ) . Un climat de peur et de haine qui réduit l’accès à la prévention et favorise ainsi l’augmentation des contaminations VIH/Hépatites. Sans parler des politiques anti-sociales menées par le gouvernement, qui affectent notre santé : expulsion des sans papièrEs (également celles et ceux atteintes de pathologies graves), répression et harcèlement des travailleurEUSES du sexe (projet de pénalisation des clients, arrêté municipal anti-prostitution à Toulouse, volonté de réintroduction de la pénalisation du racolage passif, fermeture de sites internet…), liberté de conscience offerte aux maires concernant le mariage des personnes de mêmes genres… Les trans’, les pédés, les biEs, les gouines, les putes, les sans-papières, ces marginaliséEs de Stonewall sont aujourd’hui encore l’objet de violences étatiques et policières insupportables.

Nous ne pouvons combattre les LGBTQIphobies sans combattre les discours, les idées réactionnaires, peu importe qu’elles viennent de droite ou de « gauche ». Au sein même des communautés LGBTQI, ces idées sont présentes. Nous dénonçons les discours sécuritaires,nationalistes, racistes, sérophobes, islamophobes, putophobes et sexistes, de plus en plus présent dans la communauté LGBTQI et à l’intérieur même de certaines associations ( exemple : les diverses affiches nationalistes et racistes proposées par l’Inter LGBT pour les marches des fiertés parisiennes)
Nous refusons l’homonationalisme qui promeut une identité homosexuelle nationale, à travers notamment des politiques de pinkwashing. Cela consiste pour les pays occidentaux, comme la France et les Etats-Unis, à promouvoir une image progressiste et tolérante gay-friendly  afin de justifier des guerres, des politiques coloniales et racistes.
En Israël nous dénonçons cette volonté de solidariser les LGBTQI à la colonisation des terres palestiniennes (exemple, lors de la Marche des Fiertés de Paris il est offert des séjours à Tel-Aviv).
Nous invitons les LGBTQI en France et en occident à être solidaires des queers palestinienNEs et à boycotter cette propagande politique.
Nous affirmons ici que nos identités ne sont pas nationales ! Elles sont solidaires et sans frontières !

Pour toutes ces raisons, nous ne laisserons plus personnes porter atteinte à nos libertés, nos corps, nos vies, nos désirs, nos identités, nos amours, sans opposition radicale et sans manifester notre colère ! Nous continuerons à nous mobiliser collectivement et à riposter tant qu’il le faudra !

Rendez-vous le 20 juin 14h Place du Capitole  aux côtés du bloc radical à l’occasion de la Marche des Fiertés toulousaine et à partir de 20h au Blind Tiger pour une soirée de soutien aux militantEs LGBTQI et travailleursEs du sexe victimes de la répression

A l’appel de : Act Up Sud Ouest, CNT, Grisélidis, OCML VP, Riposte Radicale, STRASS, UAT

affiche-gay-pride-2015-toulouse

Publicités

Solidarité avec Alix et touTEs les transpédébigouines victimes de la répression !

Nous relayons ci-dessous un appel à la solidarité financière. Pour le don en ligne c’est ICI

Le 2 octobres 2014, je comparaissais avec un camarade devant le tribunal de Police pour avoir perturbé une distribution de tracts de la Manif pour Tous. Étant une jeune femme trans en début de transition, j’ai du revêtir mon nom et mon identité de naissance au moment du procès pour ne pas risquer de jouer en ma défaveur. Alors que les contradictions de la partie adverse avaient été mises en évidence par ma défense et que le Procureur avait requis une relaxe pure et simple pour mon cas, le tribunal de proximité de Paris en a décidé autrement et m’a condamnée, sans preuves, le 11 décembre dernier. N’ayant pas les moyens ni l’énergie nécessaire, j’ai renoncé à faire appel. Étant étudiante et sans revenus autres que l’aide de mes proches, je dois encore rembourser mes frais d’avocat auprès des personnes qui me les ont avancé.

1911814_1440366726200226_1973802631_n