Journée internationale de lutte contre les violences faites aux travailleuSES du sexe!

Riposte Radicale soutien et relaie l’initiative du STRASS pour la journée internationale de lutte contre les violences faites aux travailleurEUSES du sexe!

A Toulouse: rendez-vous mercredi 17 décembre à 17h sur la Place Belfort!

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Violences faites aux travailleurSES du sexe: État complice!

Le 17 Décembre est la journée internationale de lutte contre les violences faites aux travailleurSEs du sexe. Répression, expulsions, viols, agressions, exploitation, injonctions au silence, stigmatisation : les violences auxquelles font face les prostituées et travailleurSEs du sexe sont nombreuses, trop nombreuses.

Alors que le délit de racolage n’est toujours pas abrogé malgré ses conséquences catastrophiques, régulièrement dénoncées, sur nos conditions de travail et notre santé, les arrêtés municipaux interdisant la présence de travailleurSEs du sexe dans l’espace public se sont multipliés, de Lyon à Toulouse, en passant notamment par Lille et Bordeaux. Sous couvert de lutter contre l’exploitation des prostituées et travailleurSEs du sexe, c’est la répression de ces dernierEs qui s’organise, avec ses conséquences en termes de précarisation, d’augmentation des violences, et de dégradation de notre santé.

La dimension sexiste de politiques qui interdisent l’espace public à un grand nombre de femmes s’allie par ailleurs avec des intérêts racistes d’expulsions des travailleurSEs sans papiers, ailleurs présentées comme uniformément victimes de la traite, mais qu’il conviendrait alors, pour leur bien, de renvoyer dans leurs pays d’origine. Régulièrement, de véritables rafles sont menées, qui ne sont pas sans conséquences non seulement pour les prostituées et travailleurSEs du sexe expulsées, mais aussi pour celles qui restent et doivent vivre dans la peur quotidienne des forces de l’ordre.

Nombreuses sont celles qui savent que prendre la parole en tant que travailleurSE du sexe, c’est s’exposer à une stigmatisation pouvant entrainer ruptures familiales et sociales, Nombreuses sont celles qui n’oseront pas dénoncer les situations d’exploitation dont elles sont victimes par peur de l’expulsion. Cette situation de répression et de stigmatisation ne sert que les intérêts des auteurs de violences, de quelques riverains qui ne veulent pas de putes dans leur quartier, et de celles et ceux qui instrumentalisent ces violences au profit de leur carrière politique.

Pour dénoncer ces violences, et rappeler la nécessité de notre combat, le STRASS vous invite à rejoindre les rassemblements et manifestations qui auront lieu localement :

à Paris : manifestation 18h place Belleville

à Toulouse : manifestation 17h place Belfort

à Rouen : rassemblement 17h place du Général de Gaulle

à Lyon : rassemblement 17h Mairie du 7è

à l’appel du STRASS-Syndicat du travail sexuel,

et avec le soutien de STS-Support Transgenre Strasbourg, Collectif des Femmes de Strasbourg-Saint-Denis, Collectif 8 Mars pour Toutes, Sud Educ 13.

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Journée Mondiale de lutte contre le VIH/Sida: 1er décembre 2014

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Riposte Radicale soutien l’appel d’Act Up Sud Ouest! Sida: qualité de vie/qualité des soins: l’austérité tue! Manifestation, 18h30 à Jean-Jaurès!

Communiqué de presse d’Act Up Sud-ouest pour la journée mondiale de lutte contre le sida :

SIDA : qualité de vie ! qualité des soins !
L’austérité tue !
Si le traitement antirétroviral a un bénéfice indéniable sur l’état immunitaire, il ne permet pas pour autant de résoudre toutes les difficultés auxquelles sont confrontées les PVVIH : problèmes de revenus, d’emploi, de logement, de relation avec les autres, de révélation du statut sérologique ou de vie affective et sexuelle.
La prise en charge doit dépasser les seuls aspects biomédicaux pour prendre en compte l’individu dans sa globalité, plus encore qu’avant compte tenu de l’évolution des caractéristiques des PVVIH. La santé « globale », qui implique le retour à une vie professionnelle, sociale, affective, et des capacités de se projeter dans l’avenir doit rester l’objectif commun de tous les acteurs médicaux, sanitaires ou associatifs. Recommandations des experts dans le Rapports Morlat 2013.

La réussite thérapeutique des PVVIH est en partie dépendante des conditions de vie et de la situation sociale des personnes mais aussi de la qualité de la prise en charge. Prise en charge qui se doit d’être globale, multidisciplinaire pour l’ensemble des personnes concernées et effective sur l’ensemble du territoire. Leur santé « globale » doit rester l’objectif commun de tous les acteurs médicaux, sanitaires ou associatifs mais leurs actions sont limitées par la mise en place des politiques de santé et sociales qui remettent de plus en plus en cause notre système de santé solidaire et la notion de service public.

Les inégalités sociales de santé subies par les personnes les plus pauvres, que les gouvernements successifs s’engagent à réduire dans les discours, ne cessent de progresser. En 2012, 26% de personnes ont renoncés à au moins un soin pour raison financière, principalement dû à l’impact des restes à charge provenant des dépassements d’honoraires, des franchises médicales et/ou hospitalières et autres forfaits, du transfert d’une partie de la part de l’assurance maladie générale vers la part complémentaire et du déremboursement de médicaments provoquant l’augmentation du coût des mutuelles. Les personnes vivant avec le VIH (PVVIH), pourtant prises en charge au titre de leur ALD, assument aussi ce coût du reste à charge qui impacte leur revenu et nuit grandement à la qualité de vie des plus pauvres d’entre elles (bénéficiaires de minima sociaux (AAH, ASPA)). Ces problèmes de revenus les obligent parfois à faire un choix entre se soigner, se nourrir, s’habiller et aussi se loger tout en continuant à faire face à la discrimination entourant toujours le VIH/sida.

En complément de ce problème de condition de vie, les freins de l’accès aux soins accentuent cette réalité d’inégalité sociale de santé. L’extension des déserts médicaux, l’augmentation des délais d’attente pour avoir un rendez-vous, les suppressions de postes de personnel soignants et non soignants dans les hôpitaux, les fermetures de certains services et/ ou d’hôpitaux de proximité et de centre de santé (La Case de Santé à Toulouse), les inégalités de prise en charge de certaines populations (détenus, étrangers malades) écartent de plus en plus de personnes de notre système de santé et vont complexifier leurs parcours de santé.

Pour faire face à ces situations le gouvernement VALLS cible la lutte contre les inégalités sociales de santé comme une de leurs priorités. Mais, à l’instar de ces prédécesseurs, la hauteur des moyens engagés est loin de correspondre à l’ambition affichée. Et les conséquences des politiques d’austérité misent en place (Accord National Interprofessionnel, maitrise des déficits de la sécurité sociale) vont avoir pour conséquence de désolidariser les salariés de la mutualisation, isoler les personnes les plus faibles et d’accentuer la dégradation de la qualité de vie et de prise en charge des usagers.

Parce que la qualité de vie et la qualité des soins sont les facteurs essentiels pour la réussite thérapeutique des PVVIH et aussi de la population en général, Act up Sud-ouest exige que le gouvernement arrête sa politique d’austérité et de gestion comptable de la santé et donne de véritables moyens pour la mise en place d’une politique sociale et solidaire.