Communiqué en soutien à Dolorès, Trans’* et précaire poursuivie en justice.

Lundi 22 septembre, des riveraines et riverains du quartier des Ponts Jumeaux à Toulouse ont organisé un apéritif pour fêter le départ des travailleuses du sexe.

Depuis l’entrée en vigueur d’un arrêté municipal anti-prostitution le 8 juillet dernier, les travailleuses de rue sont systématiquement verbalisées lorsqu’elles exercent dans les quartiers visés par l’arrêté.

Cela a pour conséquence des amendes à répétition à hauteur de 38 euros pour chacune d’entre elles mais également un éloignement des travailleuses dans des endroits plus reculés encore. Elles encourent alors des risques plus importants en terme d’agressions, de pressions financières mais également sanitaires. Elle sont donc plus exposées aux violences, à la précarité et à la répression.

N’est-ce pas là le propre du proxénétisme que d’organiser la prostitution et son racket ?
Mairie de Toulouse, proxénète ?

Ce lundi 22 septembre, un groupe de personnes, dont des travailleuses du sexe et des habitantEs du quartier, se sont donc invitées à cette rencontre « conviviale » pour marquer leur désaccord.
Jets de confettis et œufs pourris sont venus gâter ce petit apéro célébrant le départ de « l’insécurité » et la « tranquillité » retrouvée.
Alors que le groupe était reparti après avoir manifesté son mécontentement, la police appelée à grand renfort a encerclé le groupe pour procéder au contrôle de toutes les identités.
S’en suivit l’interpellation de trois personnes trans’ dont Dolorès. Une personne précaire qui venait revendiquer son indignation et sa solidarité avec toutes les travailleuses subissant au quotidien les conséquences de cet arrêté.

Son interpellation puis sa garde à vue ont réaffirmé la violence et la transphobie notoire de la police nationale.
Brutalisée au moment de son arrestation, humiliée de par sa transidentité, appelée le « travelo » et systématiquement genrée au masculin, elle fut obligée de batailler avec les policiers pour obtenir son traitement médical quotidien qu’on ne lui octroya qu’à la fin de sa garde à vue.
Nous condamnons avec véhémence les méthodes policières dont elle a subi les conséquences.
Sans parler du traitement médiatique transphobe et partisan dont elle a été l’objet ces derniers jours.

Après plus de 40h passées en garde à vue, Dolorès est passée en comparution immédiate mercredi 24 septembre. Poursuivie pour des faits de violences en réunion, elle a préféré utiliser son droit à préparer sa défense et choisir son avocate. Elle comparaîtra donc le 15 octobre.

Nous demandons le retrait de l’arrêté anti-prostitution et l’abandon de toutes les poursuites à l’encontre de Dolorès.

L’audience aura lieu le 15 Octobre au Palais de Justice de Toulouse. Nous invitons toutes les associations et personnes solidaires à venir la soutenir devant le tribunal à 14h.

Comité de soutien à Dolorès.
SIGNATAIRES : SAS(Santé Active et Solidaire), ACCEPTESS-T, RIPOSTE RADICALE, CABIRIA, OCML VOIE PROLETARIENNE, APRISS

Trans’* : personnes transsexuelles ou transgenre (vivant dans un Autre genre que celui de leur naissance)
Transidentité-S : Contrairement aux termes de transsexualisme ou transsexualité, empruntés à la classification des maladies mentales des manuels de psychiatrie, nous préférerons le terme de transidentité-s. Il s’agit pour nous de mettre aussi en évidence qu’il peut y avoir plusieurs parcours de transition, avec ou sans hormones, avec ou sans chirurgie et une « constellation » d’identités trans hors des schémas sexistes qui nous classeraient dans deux seules catégories de genre stéréotypées.
(source OuTrans)
Transphobie : La transphobie est le rejet des personnes Trans et des transidentités. Elle peut prendre plusieurs formes : exclusion familiale, amicale, professionnelle, refus de soin de la part du corps médical, stérilisation forcée réclamée par les tribunaux pour obtenir le changement d’état civil. Elle peut aller jusqu’à l’agression, voire le meurtre. Il est très difficile de porter plainte en cas d’acte ou de comportement transphobe puisque ni la loi, ni le Défenseur des droits ne reconnaissent officiellement la transphobie comme une discrimination au même titre que le racisme ou l’homophobie (même si le critère – flou et confus – d’identité sexuelle à été ajouté en 2012).
(source OuTrans)

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